Archive pour avril 2007

Sam Hamad regrette ? Vraiment ?

Sam Hamad, sans déclarer clairement qu’il regrette ses dires, sans s’excuser officiellement, affirme n’avoir voulu insulter personne, suite aux propos controversés qu’il a tenus il y a peu de temps.

Le député libéral de Louis-Hébert, Sam Hamad, aujourd’hui (devons-nous le rappeler ?) Ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale a clairement déversé son fiel de préjugés envers les assistés sociaux le jour où il a prêté son serment d’office. Propos d’autant plus étonnants que M. Hamad a été vice-président de Centraide-Québec de 1999 à 2001. Plutôt que de se soucier sincèrement des plus démunis, a-t-il délibérément occupé ce poste dans le seul but d’accéder un jour à un prestigieux poste politique ? Était-ce pour ainsi faire bonne figure, étoffer son curriculum vitae, ajouter à sa crédibilité ?

[...] Le ministre aurait déclaré au Journal de Québec que les personnes assistées sociales profitant d’avantages comme les soins dentaires, les médicaments ou la garderie n’ont aucune motivation à travailler. Selon lui, il faut revenir à des mesures plus coercitives pour réduire le nombre d’assistés sociaux. [...] (Source : radio-canada.ca)

[...] Dans une entrevue accordée à un quotidien québécois immédiatement après avoir prêté son serment d’office, M. Hamad avait soutenu que les assistés sociaux «ont tout», au point que cela peut leur paraître «confortable» de demeurer bénéficiaire de l’aide sociale. Le ministre avait désigné ces prestataires en utilisant le sigle péjoratif des «BS». [...] (Source : cyberpresse.ca)

Croit-il qu’en jouant la carte du mépris et de l’intolérance il saura s’allier les sympathisants adéquistes ? Pourquoi n’exige-t-on pas de lui des excuses sans équivoque ?

[...] «Je n’ai pas l’intention de parler de ce qui est arrivé la semaine dernière, mais c’est sûr et certain que je ne voulais pas insulter personne. Ce n’était pas mon objectif», a déclaré un Sam Hamad visiblement contrit. [...] (Source : cyberpresse.ca)

Voilà une déclaration qui me conforte guère. M. Hamad a-t-il une idée du montant des prestations allouées aux bénéficiaires d’aide sociale ?

[...] Selon le SFPQ, certains prestataires d’aide sociale ne reçoivent que 548 $ par mois, soit 6576 $ par année. [...] (Source : canoe.com)

Peut-être M. Hamad ne voulait insulter personne, mais il ne déclare toujours pas que ses propos n’étaient pas appropriés, que ses propos n’étaient que de bêtes préjugés. Je me pose la question, pouvons-nous dire de pareilles bêtises et s’en tirer aussi facilement en ayant la crédibilité et la légitimité de diriger le Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale ?

Suffit-il de dire «je ne voulais pas insulter personne» et obtenir ainsi l’absolution de tous nos péchés de verbiage ? Quelqu’un peut-il demander sa démission à M. Hamad ?

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Fêtons le 25e anniversaire du rapatriement de la Constitution !

Alors que Mario Dumont se dit prêt à rouvrir le débat sur la Constitution, Sébastien Proulx, nouveau leader parlementaire de l’opposition a dit qu’on allait «fêter» le 25e anniversaire mardi prochain.

M. Proulx, avocat de 32 ans, est député de Trois-Rivières, a été responsable des Affaires politiques et juridiques de l’ADQ de 2003 à 2004, Directeur général de l’ADQ de 2004 à 2005 et conseiller politique au cabinet du chef de l’ADQ de 2005 à 2007.

C’est où le party ?

Mon chien et la différence

J’ai un chien magnifique, un Golden Retriever, Capucine. Ma bibite à poils aime la compagnie et chaque nouveau visiteur à la maison est une occasion en or pour elle de faire la fête.

À peine quelques semaines de vie dans le corps, cette petite bête a découvert son nouveau foyer, notre maison. Il fallait bien évidemment mettre le nez dehors. Allez hop, petites ballades dans les rues de Montréal, Capucine vit de nouvelles aventures et découvre quantité de choses fascinantes : trottoirs parsemés de sacs en plastique effrayants, petites branches intrigantes et plein d’autres choses tout aussi excitantes les unes que les autres.

Capucine croise des gens, des enfants… Elle se fait caresser, tapoter un peu la tête et se demande bien qui sont tous ces êtres étranges qui lui parlent et s’approchent d’elle souvent bien maladroitement. Tout se déroule toutefois relativement bien.

Voilà qu’une personne de race noire déambule de l’autre côté de la rue. Capucine, effrayée, jape et jape de plus belle encore. Je me dis tiens, mon chien est raciste. En fait, Capucine est née en campagne, n’a donc toujours croisé que des personnes de race blanche.

Ma petite bête a aussi japé lorsqu’elle a vu le facteur pour la première fois. Mais qu’est-ce que cet individu avec son drôle de costume ?

Petit à petit, Capucine s’est habituée à ces êtres différents, a sans doute réalisé que bon, il n’étaient finalement peut-être pas dangereux. Capucine n’est pas raciste, ni intolérante, Capucine a peur de ce qu’elle ne connaît pas.

Autour de la table…

La soirée familiale d’hier, à l’occasion de la fête de Pâques, fut particulièrement animée lorsque nous avons discuté politique. Je vous partage donc ce résumé de nos échanges…

Autour de la table, mon conjoint, moi, ma mère et son conjoint, tous deux habitant la Montérégie (oui, là où l’ADQ l’a emporté haut la main), les enfants de son conjoint, tous deux habitant Montréal, l’un étudiant en travail social à l’université, l’autre au cégep en musique, mes deux frères et leurs conjointes, les uns habitants l’ouest de Montréal, les autres en quelque part dans le Nord, isolés dans un univers boisé paisible.

Ma mère : Elle a le coeur brisé, ne comprends pas ses concitoyens… Ses collègues de bureaux, qui trouvent pour la plupart «sympathique» ce cher Mario Dumont, quoique ce soient des gens plutôt de gauche, ne semblent même pas avoir compris l’idéologie à la base conservatrice de l’ADQ.

Comme d’autres l’ont dit avant moi, je m’explique donc bien des appuis à Mario Dumont (et il est important ici de spécifier «Mario Dumont» puisque je comprends à écouter les gens qu’ils ont voté pour lui et non pas pour son parti ni même pour le candidat de leur circonscription) par sa politicaillerie et sa démagogie tant décriées depuis des semaines.

Mon frère, musicien : Il me demande alors pourquoi je crois qu’il s’agit de démagogie, m’affirmant du même souffle que les deux autres, Charest et Boisclair, ne sont pas mieux. Quoi penser de ceci, sinon que plusieurs éprouvent le sentiment réel que Mario Dumont soit vraiment intègre, à l’écoute des gens, et défende plus que quiconque le point de vue d’une majorité citoyenne ?

Autre point surprenant et non moins intéressant, j’ai appris que certains souverainistes auraient voté pour Dumont pour la raison suivante : comme on en a marre du PQ, et si Mario Dumont était un jour élu Premier ministre du Québec, peut-être sera-t-il possible d’accéder à la souveraineté. Hein ? Et comment ? En se rivant le nez à Ottawa puisqu’il est évident que son idéal d’autonomie n’est en fait qu’utopie. Lorsque les Québécois réaliseront que vraiment, il est impossible d’obtenir davantage de pouvoirs, nous n’aurons d’autre choix que de vouloir que le Québec soit finalement indépendant. Il est à noter que Mario Dumont aurait dit, de par l’essence supposée même de son parti, soit la «démocratie», qu’il défendrait la volonté de la majorité citoyenne. Si les Québécois souhaitaient en majorité la souveraineté du Québec, il défendrait donc cette option. En théorie.

Consensus de mes frères et belles-soeurs : tous, sans toutefois dénigrer les capacités intellectuelles d’André Boisclair, croient que le chef du PQ «ne passe pas». Ils aiment : quelqu’un qui use d’un langage plus populaire, pas nécessairement populiste, on s’entend, qui soit à l’écoute de la voix citoyenne en le confirmant clairement par ses discours. Quelqu’un qui semble plus sensible, moins cérébral. C’est sans doute pourquoi le nom de Pierre Curzi circule comme prochain chef souhaité au Parti québécois…

Les jeunes étudiants nichés à Montréal : Grand esprit d’ouverture, souverainistes modérés. Besoin d’entendre un discours cohérent, allergiques à l’intolérance, et n’ont pas cette crainte de voir le Québec un jour «envahi» par les communauté culturelles. Semblent plutôt ouverts à un État laïque (que des musulmans, par exemple, se lavent les pieds dans les lavabos de l’université ne passe pas…) dans le respect des différentes cultures qui colorent le Québec contemporain.

Tous d’accord sur un point : Urgence de présenter un argumentaire étoffé pour défendre la souveraineté. Ne pas imposer un référendum en toute hâte. Bref, le Québécois vote plus souvent qu’autrement par protestation, ne veut pas se faire dire quoi faire, il veut être entendu, compris. Il veut se reconnaître dans le discours politique, à la rigueur s’identifier au politicien.

Enfin, ça a brassé disons pas mal fort hier soir, mais ce genre de tour de table m’aide toujours à pousser mes réflexions un peu plus loin…

Dépolitiser l’enjeu de la souveraineté ?

Il est clair que le projet de souveraineté du Québec en soit un culturel et non pas politique. En ce sens, il est donc pertinent d’admettre qu’il ne peut, en aucun cas, être l’apanage d’un seul parti politique, au même titre que les enjeux économiques et sociaux tels les préoccupations environnementales, le soutien aux familles tout comme les besoins criants en santé.

Ceci étant établi, il devient clair que le Parti québécois ne peut faire du projet de pays du Québec sa seule et unique priorité. À titre comparatif, la majorité des Québécois s’entendent à dire que le Parti vert ne peut être pris au sérieux dans l’arène politique puisqu’il fait de l’environnement son unique préoccupation. Or, il est évident que tout parti politique responsable se doit de proposer un programme de gouvernance crédible et cohérent, se souciant de différents enjeux à la fois économiques, sociaux et culturels.

Si le Parti québécois adopte la «ligne dure», telle que souhaitée par M. Bernard et autres souverainistes, en proposant de tenir une élection référendaire au prochain scrutin, il risque de voir ses bases s’effondrer. Ceci pourrait être d’autant plus dangereux puisque sans tribune politique le mouvement souverainiste, à défaut de disparaître comme plusieurs le croient, risquerait davantage de se nicher dans de nouvelles formations plus ou moins radicales.

S’il est vrai que près de 40% de la population souhaite un jour voir le Québec devenir un pays, il n’en demeure pas moins que plusieurs ne souhaitent pas la tenue d’une consultation populaire prochainement. Que devons-nous en déduire, sinon que les citoyens sont à la fois, et légitimement, préoccupés par d’autres enjeux ? Ne devons-nous pas entendre et respecter cette volonté citoyenne ?

Étant donné les divisions de plus en plus notables entre les souverainistes, peut-être devrait-il y avoir une meilleure plate-forme que celle d’un parti politique pour y débattre des différends qui les opposent. Il n’en demeure pas moins que le Parti québécois soit le parti le plus apte à mener le Québec à la souveraineté par la tenue d’une consultation populaire ; c’est pourquoi il est impératif qu’il travaille d’abord à la création d’un projet de pays, l’élaboration d’une constitution, et enfin tenir un référendum dès qu’il sera clairement indiqué qu’une majorité citoyenne sera en faveur de ce projet. Ceci n’exclut pas l’implication d’autres partis tels Québec solidaire, et sans doute même l’Action démocratique du Québec si elle ne trouve ultérieurement point d’écho à ses quêtes d’autonomie à Ottawa.

Quoique d’importants changements s’imposent au Parti québécois, il est aussi nécessaire d’aborder l’enjeu de la souveraineté sous un angle différent, en prenant d’abord conscience de sa nature culturelle, et non pas ethnique ni même politique, évitant ainsi l’erreur d’en faire l’unique priorité d’un seul parti politique.


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