J’aime bien consulter de temps en temps mon grand ami le micro Robert ; j’y déniche ma foi des trouvailles fort intéressantes. Je partage donc avec vous quelques définitions qui me plaisent bien et qui pourraient s’avérer utiles pour certains.
Autonomie : n.f. Droit de se gouverner par ses propres lois. Autonomie partielle ; totale. = indépendance.
Autonomiste : n. et adj. Partisan de l’autonomie en matière politique. = nationaliste, séparatiste.
Après avoir consulté la blonde de service, j’ai consulté Larousse de poche, mon dictionnaire des synonymes.
Autonome : indépendant, libre.
Autonomie : liberté.
Autonomisme : dissidence.
Autonomiste : séparatiste, dissident.
Séparatiste : Les séparatistes ont proclamé l’indépendance de leur pays : indépendantiste, autonomiste, sécessionniste.
Conclusion
D’abord une chose m’apparaît claire, les adéquistes souhaitent la même chose que nous. Voilà une excellente nouvelle. Aussi, dorénavant je cesserai d’être mal à l’aise avec le terme séparatiste ; les adéquistes devraient toutefois commencer à l’être…
Comme je l’écrivais plus tôt dans un commentaire sur le blogue de monsieur Facal, il y a une marge très mince entre la souveraineté-association et les 22 points du rapport Allaire.
Si l’on veut collaborer avec l’ADQ, il faut remettre les militants et les élus devant leur document fondateur. Actuellement, beaucoup d’adéquistes se définissent surtout en opposition par rapport au PQ, une attitude qui est franchement puérile tant qu’à moi. D’autres militants adéquistes s’identifient surtout au discours néo-libéral et l’ADQ représente surtout pour eux une identité politique confortable. Mais ils ne sont pas des idéologues, encore moins des constitutionnalistes.
Bref, il suffirait d’enseigner aux adéquistes le rapport Allaire et la vraie nature de la voie autonomiste, pour qu’ils s’adoucissent quelque peu. La fin de la lune de miel parlementaire risque de les calmer un peu; Dumont peut désormais faire des gaffes qui ont des vraies conséquences, ce qui n’était pas le cas auparavant.
Si l’on considère que l’ADQ trouve toujours sa vision politique et constitutionnelle dans le prolongement du rapport Allaire (ce que certains militants ont ouvertement nié, les coquins), alors toute application sérieuse du programme mènerait le Québec vers la situation suivante:
1) une opposition irrémédiable aux idéaux défendus par le PLQ et à la doctrine fédéraliste en général
2) une joute constitutionnelle très dure, qui mettrait Dumont et Harper en position antagoniste
3) des gestes de ruptures touchant autant les rapports Québec-Ottawa que la structure de l’état québécois
4) une alliance essentielle, voire incontournable, avec les souverainistes et avec certains Libéraux nationalistes
On peut donc considérer que si Dumont avait le courage de ses convictions (ou de son programme), il en résulterait un psychodrame typiquement québécois comme on en a rarement vus. Les adéquistes croient qu’ils ont entre les mains un pétard équivalent au Livre Beige de Claude Ryan. En fait, ils trimballent dans les poches de leur parka une véritable bombe atomique greyée d’une ceinture fléchée.
La meilleure manière de forcer l’ADQ à jouer notre jeu consisterait donc à survolter ses militants nationalistes (une part non négligeable de ce parti) en les bombardant d’arguments allairistes et en faisant leur éducation autonomiste en accéléré. Cela mettrait Dumont dans une situation impossible et le forcerait à sortir de sa tanière constitutionnelle (très douillette). Cela causerait aussi une tension difficilement gérable entre les adéquistes autonomistes et les adéquistes néo-libéraux.
J’ai fait un petit article sur les différentes définitions de blond/blonde. Au plaisir de rigoler
@H.Dufort
Chut! Faut pas parler trop fort, les murs ont des oreilles…
@Renart,
toutes les fois où j’ai tenté de faire circuler ce genre d’information en privé, dans les cercles souverainistes, j’ai eu droit à une réaction d’incrédulité… ou mon intervention a été carrément ignorée. Je ne suis d’ailleurs pas étonné que le bureau de mon député ne réponde pas aux lettres d’idées — il a probablement des choses “plus importantes” à faire que de discuter de stratégie politique. Surtout avec un plouc.
J’en ai donc conclus que la meilleure manière de diffuser mes idées et de participer à des débats, c’est d’écrire dans un blogue. De toute manière, je ne vois pas en quoi les adéquistes pourraient utiliser ce que j’ai écrit ici à mauvais escient. Ils auront beau le nier, leur position constitutionnelle est incohérente; le fédéralisme asymétrique, ce n’est pas de l’autonomisme. Leur parti est formé d’au moins 4 blocs distincts: néo-libéraux, autonomistes et mécontents fédéralistes ou souverainistes. Si Mario Dumont décidait de donner la priorité à l’une de ces orientations, le parti conserverait difficilement sa cohésion interne.
Bref, mettre l’ADQ face à ses incohérences, on peut le faire publiquement. Après tout, les blogueurs adéquistes ne se gênent pas pour discuter de la mort (annoncée? espérée? encouragée?) du mouvement souverainiste.
Tu peux lire une version “bonifiée” de mon commentaire sur mon blogue.
@H. Dufort
En résumé, l’ADQ ne serait qu’une espèce de «melting pot». Vous le dites si bien, incohérence.
Je me rappelle une discussion avec ma mère (habite sur la rive-sud); ses collègues de bureau, avant les élections, ne parlaient que de Mario Dumont : «Moi, je l’aime bien, Mario. Il dit les vraies affaires !» Même chose à l’imprimerie où travaille mon père. Ouf, voilà bien peu de choses à quoi s’accrocher… Qu’arrivera-t-il, lorsqu’il défendra pour «vrai» un programme ? De quel bord tournera-t-il ? Ce parti me paraît si confus, leur programme si flou… Le jour où ce parti s’alignera, il risque de perdre quelques plumes et militants.
J’en reviens souvent à cet exemple de Sébastien Proulx, qui est quand même le leader parlementaire de l’opposition, qui souhaitait «fêter» le rapatriement de la constitution. On appelle ça un fédéraliste, non (ou un ignare) ? S’ils sont si contents de cette constitution, comment expliquer que bien des souverainistes aient joint leurs rangs ?
Je ne veux pas tomber dans les commentaires creux et trop généralisés, mais reste que depuis cette dernière élection, j’ai le sentiment que le vote citoyen n’était fondé qu’en grande partie sur un ras-le-bol. On ne sait pas trop de quoi en fait, mais bien des gens ont voté en se disant : ça va faire, j’en ai marre, Mario me ressemble (famille, enfants, mini-van), lui au moins il met ses «culottes» et parlera en mon nom des trucs qui me préoccuppent (accomodements raisonnables, valeurs identitaires, famille). Rien à voir à proprement dit avec la gauche ou la droite, la souveraineté ou le fédéralisme.
J’irai lire la suite sur votre blogue; mais j’avoue être un peu intimidée par la quantité d’information et d’analyse aussi étoffée pour y laisser un commentaire…
Notez toutefois que vos réflexions présentées en tranches (comme dans les commentaires que vous laissez sur les blogues), sont plus faciles à assimiler pour moi et m’aident à préciser ma pensée à une vitesse phénoménale. Sincèrement merci !