Archive pour la catégorie 'Québec'

Celui qui l’dit, c’est lui qui l’est…

Petite capsule linguistique d’intérêt pour nos chroniqueurs fédéralistes, nos sympathisans du ROC et autres lobbies perspicaces. Qu’est-ce que la projection, dans le domaine de la psychologie ?

Projection : n.f. En psychanalyse, mécanisme de défense par lequel le sujet perçoit dans le monde extérieur et en particulier sur autrui des caractéristiques qui lui sont propres, par ex., dans les idées de persécution, les voix.

ou encore…

Projection : n.f. Mécanisme de défense par lequel un individu attribue inconsciemment à autrui, certaines de ses tendances, de ses intentions qu’il estime coupables ou des tensions qui le troublent.

Définitions tirée du site web de l’Office québécois de la langue française

Autonomie et indépendance

J’aime bien consulter de temps en temps mon grand ami le micro Robert ; j’y déniche ma foi des trouvailles fort intéressantes. Je partage donc avec vous quelques définitions qui me plaisent bien et qui pourraient s’avérer utiles pour certains.

Autonomie : n.f. Droit de se gouverner par ses propres lois. Autonomie partielle ; totale. = indépendance.

Autonomiste : n. et adj. Partisan de l’autonomie en matière politique. = nationaliste, séparatiste.

Après avoir consulté la blonde de service, j’ai consulté Larousse de poche, mon dictionnaire des synonymes.

Autonome : indépendant, libre.

Autonomie : liberté.

Autonomisme : dissidence.

Autonomiste : séparatiste, dissident.

Séparatiste : Les séparatistes ont proclamé l’indépendance de leur pays : indépendantiste, autonomiste, sécessionniste.

Conclusion

D’abord une chose m’apparaît claire, les adéquistes souhaitent la même chose que nous. Voilà une excellente nouvelle. Aussi, dorénavant je cesserai d’être mal à l’aise avec le terme séparatiste ; les adéquistes devraient toutefois commencer à l’être…

À mes commentateurs

Les messages sont au billet ce que les coulisses sont au Parlement.

Même si Louis-Joseph ne laisse pas souvent ici sa trace, ses commentaires sont toujours les bienvenus; quant à Gandalf et à H. Dufort, ils enrichissent la blogosphère par leurs réflexions et échanges étoffés; quant à Renart L’éveillé, son sens de l’humour et ses préoccupations sociales me ramènent souvent sur le plancher des vaches…

Merci à mes fidèles commentateurs, et à tous les autres qui ne font parfois que passer en laissant un mot au passage, ne serait-ce qu’une seule fois. Si vous aimez lire les billets, chers lecteurs, jettez aussi un oeil aux commentaires.

C’est dans les coulisses d’un blogue que se déroulent les échanges animés, c’est dans les coulisses d’un blogue que se cachent une infinité d’anecdotes et d’informations croustillantes !

Du bonbon pour l’esprit

La substantifique moëlle de Pantagruelle a aujourd’hui nourri mon esprit par cette superbe et substantielle citation d’Étienne de La Boétie :

Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux.

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Duceppe, éclairé par les «Lumière»

Tel l’arroseur arrosé, le putschiste a été putsché.

L'arroseur arrosé

Les gens de mon pays

Le CarillonJ’étais à Saint-Jude hier après-midi. Vous savez, ce tout petit coin de pays où en 1902 le curé du village, Elphège Filiatrault, a hissé son drapeau pour la première fois, le Carillon, l’ancêtre de notre drapeau du Québec.

Mon conjoint et moi avons quitté la ville de Montréal pour nous y rendre. L’air sombre, nous roulons sur la 20 en direction de cette campagne perdue. À peine sortis de la voiture, je m’empresse d’allumer cette cigarette dont j’ai tant envie pour calmer les angoisses qui me nouent la gorge à l’idée de célébrer un anniversaire parmis des gens que je ne connais pas, sur ce coin de terre où j’ai vécu il y a si longtemps déjà.

Le soleil me chauffe la tête tandis que le vent frisquet me gèle un peu le bout du nez. Nous nous avançons bien timides pour joindre le groupe ; je croise un visage connu, tiens, une vieille connaissance du secondaire. Nous échangeons quelques mots… quoi se dire après autant d’années ?

Mon chum est trop grand, s’accroche la tête dans le branchouillage entortillé sur un treillis de bois définitivement installé trop bas. Nous entrons sous le chapiteau, bien modeste. Les tables sont ornées de gugusses brillantes et les verres à vin de serviettes de table en papier jaune et blanc.

Autour de la table, des gens fort sympathiques. Il y a cette femme plus que débordante d’énergie, mère d’une dizaine d’enfants, en chaise roulante. Elle s’est blessée sérieusement à la jambe et ne peut marcher depuis deux mois. À sa place, je n’arrêterais pas de me plaindre. Mais elle, elle sourit, elle rit. Autant de moral m’insulte presque, moi qui affiche mon air bête habituel. Je sens que je n’aurai pas le choix de sourire un peu.

À la table voisine, il y a cette jeune femme, à peu près mon âge. Rayonnante. Un jeune garçon tout blond lui tourne autour. Elle porte aussi un bébé qu’elle trimbale dans un linge de coton multicolore, soit dans son dos, soit sur sa hanche. Elle est tout sourire, le bébé aussi. Du coup, elle s’installe sur la chaise de plastique ma foi si peu confortable et allaite son enfant. Si nous avions été à Montréal, elle aurait eu droit à ces gros yeux des passants, certainement. Ça aurait été indécent. Ici, à Saint-Jude, c’était beau, franchement beau.

C’est comme si on m’avait parachutée dans une toute autre époque. Ça sentait le peace and love à plein nez. J’étouffais presque. Je me lève pour aller à la toilette. Des bécosses, dehors. Mais par n’importe quoi, des bécosses modernes, oui monsieur, avec vraie toilette et vrai lavabo dont l’eau chaude a été coupée, que de l’eau glacée pour se laver les doigts, faut faire vite !

Une autre cigarette en vitesse et je retourne sous la tente. Le conjoint de la fêtée, vous savez le genre barbu, calme, posé. Le genre toujours parti en mission humanitaire, pour aider les gens à s’organiser, se créer de petites entreprises. Un homme extraordinaire. Je suis jalouse, j’aimerais être aussi grande que cet homme. Suite à son préambule éternellement long, nous détaillant en long et en large l’idée de cadeau collectif pour sa conjointe, il dévoile enfin la surprise. Dans un sac de plastique blanc, un coffret de cds. Des chansons, québécoises, françaises, italiennes, choisies par les convives, représentatives de la fêtée. Chacun, à sa façon, nous explique les raisons de son choix. Que de simplicité. Vraiment. Que du bon monde. Même le rigolo, vous savez, celui qui lance toujours une joke plate très fort pendant que tout le monde s’émoie, même lui, il était là. Ma mère pleure depuis longtemps déjà. Moi je retiens mes larmes, je la taquine un peu. Mais c’est en entendant les paroles de Gilles Vigneault que je craque, «Les gens de mon pays». Toutes les serviettes de table jaunes et blanches sont en topon sur les tables, tout le monde braille. Faudra de nouvelles serviettes pour le dessert.

Je suis due pour une autre cigarette. Je fais les cent pas devant l’immense truc en tôle où ils cuisent le méchoui je suppose. Je jette un œil autour de moi et je m’étonne de la beauté de l’endroit. Il y a de toutes petites collines, plutôt rares en Montérégie. La Montérégie est plate, c’est ce qu’ils m’ont appris au secondaire. S’il y avait eu des oliviers, je me serais crue en Italie un instant. Ça aurait pu être la Toscane.

Il y avait longtemps que je n’avais pas vu ces gens de mon pays. Le petit monde. Les gens ordinaires. Sans chichi. Pas de gros cadeau pour la fêtée. Que des cds, pochette fait maison. Un sac en plastique blanc. Des chaises en plastique blanc, inconfortables. Il y avait longtemps que je ne m’étais pas sentie chez moi.

Gilles Vigneault

Les gens de mon pays
Gilles Vigneault

Les gens de mon pays
Ce sont gens de paroles
Et gens de causerie
Qui parlent pour s’entendre
Et parlent pour parler
Il faut les écouter
C’est parfois vérité
Et c’est parfois mensonge
Mais la plupart du temps
C’est le bonheur qui dit
Comme il faudrait de temps
Pour saisir le bonheur
A travers la misère
Emmaillée au plaisir
Tant d’en rêver tout haut
Que d’en parler à l’aise

Parlant de mon pays
Je vous entends parler
Et j’en ai danse aux pieds
Et musique aux oreilles
Et du loin au plus loin
De ce neigeux désert
Où vous vous entêtez
A jeter des villages
Je vous répéterai
Vos parlers et vos dires
Vos propos et parlures
Jusqu’à perdre mon nom
O voix tant écoutées
Pour qu’il ne reste plus
De moi-même qu’un peu
De votre écho sonore

Je vous entends jaser
Sur les perrons des portes
Et de chaque côté
Des cléons des clôtures
Je vous entends chanter
Dans ma demi-saison
Votre trop court été
Et mon hiver si longue
Je vous entends rêver
Dans les soirs de doux temps
Il est question de vents
De vente et de gréements
De labours à finir
D’espoirs et de récolte
D’amour et du voisin
Qui veut marier sa fille

Voix noires et voix durcies
D’écorce et de cordage
Voix des pays plain-chant
Et voix des amoureux
Douces voix attendries
Des amours de village
Voix des beaux airs anciens
Dont on s’ennuie en ville
Piailleries d’écoles
Et palabres et sparages
Magasin général
Et restaurant du coin
Les ponts les quais les gares
Tous vos cris maritimes
Atteignent ma fenêtre
Et m’arrachent l’oreille

Est-ce vous que j’appelle
Ou vous qui m’appelez
Langage de mon père
Et patois dix-septième
Vous me faites voyage
Mal et mélancolie
Vous me faites plaisir
Et sagesse et folie
Il n’est coin de la terre
Où je ne vous entende
Il n’est coin de ma vie
A l’abri de vos bruits
Il n’est chanson de moi
Qui ne soit toute faite
Avec vos mots vos pas
Avec votre musique

Je vous entends rêver
Douce comme rivière
Je vous entends claquer
Comme voile du large
Je vous entends gronder
Comme chute en montagne
Je vous entends rouler
Comme baril de poudre
Je vous entends monter
Comme grain de quatre heures
Je vous entends cogner
Comme mer en falaise
Je vous entends passer
Comme glace en débâcle
Je vous entends demain
Parler de liberté

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Sam Hamad regrette ? Vraiment ?

Sam Hamad, sans déclarer clairement qu’il regrette ses dires, sans s’excuser officiellement, affirme n’avoir voulu insulter personne, suite aux propos controversés qu’il a tenus il y a peu de temps.

Le député libéral de Louis-Hébert, Sam Hamad, aujourd’hui (devons-nous le rappeler ?) Ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale a clairement déversé son fiel de préjugés envers les assistés sociaux le jour où il a prêté son serment d’office. Propos d’autant plus étonnants que M. Hamad a été vice-président de Centraide-Québec de 1999 à 2001. Plutôt que de se soucier sincèrement des plus démunis, a-t-il délibérément occupé ce poste dans le seul but d’accéder un jour à un prestigieux poste politique ? Était-ce pour ainsi faire bonne figure, étoffer son curriculum vitae, ajouter à sa crédibilité ?

[...] Le ministre aurait déclaré au Journal de Québec que les personnes assistées sociales profitant d’avantages comme les soins dentaires, les médicaments ou la garderie n’ont aucune motivation à travailler. Selon lui, il faut revenir à des mesures plus coercitives pour réduire le nombre d’assistés sociaux. [...] (Source : radio-canada.ca)

[...] Dans une entrevue accordée à un quotidien québécois immédiatement après avoir prêté son serment d’office, M. Hamad avait soutenu que les assistés sociaux «ont tout», au point que cela peut leur paraître «confortable» de demeurer bénéficiaire de l’aide sociale. Le ministre avait désigné ces prestataires en utilisant le sigle péjoratif des «BS». [...] (Source : cyberpresse.ca)

Croit-il qu’en jouant la carte du mépris et de l’intolérance il saura s’allier les sympathisants adéquistes ? Pourquoi n’exige-t-on pas de lui des excuses sans équivoque ?

[...] «Je n’ai pas l’intention de parler de ce qui est arrivé la semaine dernière, mais c’est sûr et certain que je ne voulais pas insulter personne. Ce n’était pas mon objectif», a déclaré un Sam Hamad visiblement contrit. [...] (Source : cyberpresse.ca)

Voilà une déclaration qui me conforte guère. M. Hamad a-t-il une idée du montant des prestations allouées aux bénéficiaires d’aide sociale ?

[...] Selon le SFPQ, certains prestataires d’aide sociale ne reçoivent que 548 $ par mois, soit 6576 $ par année. [...] (Source : canoe.com)

Peut-être M. Hamad ne voulait insulter personne, mais il ne déclare toujours pas que ses propos n’étaient pas appropriés, que ses propos n’étaient que de bêtes préjugés. Je me pose la question, pouvons-nous dire de pareilles bêtises et s’en tirer aussi facilement en ayant la crédibilité et la légitimité de diriger le Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale ?

Suffit-il de dire «je ne voulais pas insulter personne» et obtenir ainsi l’absolution de tous nos péchés de verbiage ? Quelqu’un peut-il demander sa démission à M. Hamad ?

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Fêtons le 25e anniversaire du rapatriement de la Constitution !

Alors que Mario Dumont se dit prêt à rouvrir le débat sur la Constitution, Sébastien Proulx, nouveau leader parlementaire de l’opposition a dit qu’on allait «fêter» le 25e anniversaire mardi prochain.

M. Proulx, avocat de 32 ans, est député de Trois-Rivières, a été responsable des Affaires politiques et juridiques de l’ADQ de 2003 à 2004, Directeur général de l’ADQ de 2004 à 2005 et conseiller politique au cabinet du chef de l’ADQ de 2005 à 2007.

C’est où le party ?

Autour de la table…

La soirée familiale d’hier, à l’occasion de la fête de Pâques, fut particulièrement animée lorsque nous avons discuté politique. Je vous partage donc ce résumé de nos échanges…

Autour de la table, mon conjoint, moi, ma mère et son conjoint, tous deux habitant la Montérégie (oui, là où l’ADQ l’a emporté haut la main), les enfants de son conjoint, tous deux habitant Montréal, l’un étudiant en travail social à l’université, l’autre au cégep en musique, mes deux frères et leurs conjointes, les uns habitants l’ouest de Montréal, les autres en quelque part dans le Nord, isolés dans un univers boisé paisible.

Ma mère : Elle a le coeur brisé, ne comprends pas ses concitoyens… Ses collègues de bureaux, qui trouvent pour la plupart «sympathique» ce cher Mario Dumont, quoique ce soient des gens plutôt de gauche, ne semblent même pas avoir compris l’idéologie à la base conservatrice de l’ADQ.

Comme d’autres l’ont dit avant moi, je m’explique donc bien des appuis à Mario Dumont (et il est important ici de spécifier «Mario Dumont» puisque je comprends à écouter les gens qu’ils ont voté pour lui et non pas pour son parti ni même pour le candidat de leur circonscription) par sa politicaillerie et sa démagogie tant décriées depuis des semaines.

Mon frère, musicien : Il me demande alors pourquoi je crois qu’il s’agit de démagogie, m’affirmant du même souffle que les deux autres, Charest et Boisclair, ne sont pas mieux. Quoi penser de ceci, sinon que plusieurs éprouvent le sentiment réel que Mario Dumont soit vraiment intègre, à l’écoute des gens, et défende plus que quiconque le point de vue d’une majorité citoyenne ?

Autre point surprenant et non moins intéressant, j’ai appris que certains souverainistes auraient voté pour Dumont pour la raison suivante : comme on en a marre du PQ, et si Mario Dumont était un jour élu Premier ministre du Québec, peut-être sera-t-il possible d’accéder à la souveraineté. Hein ? Et comment ? En se rivant le nez à Ottawa puisqu’il est évident que son idéal d’autonomie n’est en fait qu’utopie. Lorsque les Québécois réaliseront que vraiment, il est impossible d’obtenir davantage de pouvoirs, nous n’aurons d’autre choix que de vouloir que le Québec soit finalement indépendant. Il est à noter que Mario Dumont aurait dit, de par l’essence supposée même de son parti, soit la «démocratie», qu’il défendrait la volonté de la majorité citoyenne. Si les Québécois souhaitaient en majorité la souveraineté du Québec, il défendrait donc cette option. En théorie.

Consensus de mes frères et belles-soeurs : tous, sans toutefois dénigrer les capacités intellectuelles d’André Boisclair, croient que le chef du PQ «ne passe pas». Ils aiment : quelqu’un qui use d’un langage plus populaire, pas nécessairement populiste, on s’entend, qui soit à l’écoute de la voix citoyenne en le confirmant clairement par ses discours. Quelqu’un qui semble plus sensible, moins cérébral. C’est sans doute pourquoi le nom de Pierre Curzi circule comme prochain chef souhaité au Parti québécois…

Les jeunes étudiants nichés à Montréal : Grand esprit d’ouverture, souverainistes modérés. Besoin d’entendre un discours cohérent, allergiques à l’intolérance, et n’ont pas cette crainte de voir le Québec un jour «envahi» par les communauté culturelles. Semblent plutôt ouverts à un État laïque (que des musulmans, par exemple, se lavent les pieds dans les lavabos de l’université ne passe pas…) dans le respect des différentes cultures qui colorent le Québec contemporain.

Tous d’accord sur un point : Urgence de présenter un argumentaire étoffé pour défendre la souveraineté. Ne pas imposer un référendum en toute hâte. Bref, le Québécois vote plus souvent qu’autrement par protestation, ne veut pas se faire dire quoi faire, il veut être entendu, compris. Il veut se reconnaître dans le discours politique, à la rigueur s’identifier au politicien.

Enfin, ça a brassé disons pas mal fort hier soir, mais ce genre de tour de table m’aide toujours à pousser mes réflexions un peu plus loin…

Dépolitiser l’enjeu de la souveraineté ?

Il est clair que le projet de souveraineté du Québec en soit un culturel et non pas politique. En ce sens, il est donc pertinent d’admettre qu’il ne peut, en aucun cas, être l’apanage d’un seul parti politique, au même titre que les enjeux économiques et sociaux tels les préoccupations environnementales, le soutien aux familles tout comme les besoins criants en santé.

Ceci étant établi, il devient clair que le Parti québécois ne peut faire du projet de pays du Québec sa seule et unique priorité. À titre comparatif, la majorité des Québécois s’entendent à dire que le Parti vert ne peut être pris au sérieux dans l’arène politique puisqu’il fait de l’environnement son unique préoccupation. Or, il est évident que tout parti politique responsable se doit de proposer un programme de gouvernance crédible et cohérent, se souciant de différents enjeux à la fois économiques, sociaux et culturels.

Si le Parti québécois adopte la «ligne dure», telle que souhaitée par M. Bernard et autres souverainistes, en proposant de tenir une élection référendaire au prochain scrutin, il risque de voir ses bases s’effondrer. Ceci pourrait être d’autant plus dangereux puisque sans tribune politique le mouvement souverainiste, à défaut de disparaître comme plusieurs le croient, risquerait davantage de se nicher dans de nouvelles formations plus ou moins radicales.

S’il est vrai que près de 40% de la population souhaite un jour voir le Québec devenir un pays, il n’en demeure pas moins que plusieurs ne souhaitent pas la tenue d’une consultation populaire prochainement. Que devons-nous en déduire, sinon que les citoyens sont à la fois, et légitimement, préoccupés par d’autres enjeux ? Ne devons-nous pas entendre et respecter cette volonté citoyenne ?

Étant donné les divisions de plus en plus notables entre les souverainistes, peut-être devrait-il y avoir une meilleure plate-forme que celle d’un parti politique pour y débattre des différends qui les opposent. Il n’en demeure pas moins que le Parti québécois soit le parti le plus apte à mener le Québec à la souveraineté par la tenue d’une consultation populaire ; c’est pourquoi il est impératif qu’il travaille d’abord à la création d’un projet de pays, l’élaboration d’une constitution, et enfin tenir un référendum dès qu’il sera clairement indiqué qu’une majorité citoyenne sera en faveur de ce projet. Ceci n’exclut pas l’implication d’autres partis tels Québec solidaire, et sans doute même l’Action démocratique du Québec si elle ne trouve ultérieurement point d’écho à ses quêtes d’autonomie à Ottawa.

Quoique d’importants changements s’imposent au Parti québécois, il est aussi nécessaire d’aborder l’enjeu de la souveraineté sous un angle différent, en prenant d’abord conscience de sa nature culturelle, et non pas ethnique ni même politique, évitant ainsi l’erreur d’en faire l’unique priorité d’un seul parti politique.

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