Il est clair que le projet de souveraineté du Québec en soit un culturel et non pas politique. En ce sens, il est donc pertinent d’admettre qu’il ne peut, en aucun cas, être l’apanage d’un seul parti politique, au même titre que les enjeux économiques et sociaux tels les préoccupations environnementales, le soutien aux familles tout comme les besoins criants en santé.
Ceci étant établi, il devient clair que le Parti québécois ne peut faire du projet de pays du Québec sa seule et unique priorité. À titre comparatif, la majorité des Québécois s’entendent à dire que le Parti vert ne peut être pris au sérieux dans l’arène politique puisqu’il fait de l’environnement son unique préoccupation. Or, il est évident que tout parti politique responsable se doit de proposer un programme de gouvernance crédible et cohérent, se souciant de différents enjeux à la fois économiques, sociaux et culturels.
Si le Parti québécois adopte la «ligne dure», telle que souhaitée par M. Bernard et autres souverainistes, en proposant de tenir une élection référendaire au prochain scrutin, il risque de voir ses bases s’effondrer. Ceci pourrait être d’autant plus dangereux puisque sans tribune politique le mouvement souverainiste, à défaut de disparaître comme plusieurs le croient, risquerait davantage de se nicher dans de nouvelles formations plus ou moins radicales.
S’il est vrai que près de 40% de la population souhaite un jour voir le Québec devenir un pays, il n’en demeure pas moins que plusieurs ne souhaitent pas la tenue d’une consultation populaire prochainement. Que devons-nous en déduire, sinon que les citoyens sont à la fois, et légitimement, préoccupés par d’autres enjeux ? Ne devons-nous pas entendre et respecter cette volonté citoyenne ?
Étant donné les divisions de plus en plus notables entre les souverainistes, peut-être devrait-il y avoir une meilleure plate-forme que celle d’un parti politique pour y débattre des différends qui les opposent. Il n’en demeure pas moins que le Parti québécois soit le parti le plus apte à mener le Québec à la souveraineté par la tenue d’une consultation populaire ; c’est pourquoi il est impératif qu’il travaille d’abord à la création d’un projet de pays, l’élaboration d’une constitution, et enfin tenir un référendum dès qu’il sera clairement indiqué qu’une majorité citoyenne sera en faveur de ce projet. Ceci n’exclut pas l’implication d’autres partis tels Québec solidaire, et sans doute même l’Action démocratique du Québec si elle ne trouve ultérieurement point d’écho à ses quêtes d’autonomie à Ottawa.
Quoique d’importants changements s’imposent au Parti québécois, il est aussi nécessaire d’aborder l’enjeu de la souveraineté sous un angle différent, en prenant d’abord conscience de sa nature culturelle, et non pas ethnique ni même politique, évitant ainsi l’erreur d’en faire l’unique priorité d’un seul parti politique.